Hommage à Maître Claude Cébille, 6ème dan d'aikido

29/10/2014

Texte lu lors des funérailles de Claude Cébille

Claude Cébille est né le 05 février 1942.

Petit Parisien un peu turbulent, il découvre très jeune le JUDO et le JUJUTSU, à l’époque, seules disciplines martiales vraiment répandues en France.

Dès la fin des années 50, il découvre l’AÏKIDO et très vite se passionne pour cette discipline importée du Japon par quelques experts japonais et par un français qui marquera le reste de sa vie et de qui il restera le disciple fidèle et inconditionnel, Maître André Nocquet.

En février 1962, alors qu’il enseigne déjà l’AÏKIDO en tant qu’assistant, il obtient la ceinture noire premier dan.

A force de travail et de persévérance, il gravit tous les échelons de la hiérarchie jusqu’à obtenir, en juillet 1990 le grade de 6 ème dan.

Entre temps, il prend la direction technique du club de Massy en région parisienne qu’il ne quittera qu’en 1997, pour prendre sa retraite professionnelle en Normandie, à Villers en Ouche, pays natal de son épouse.

Jeune retraité, il ne peut se résoudre à renoncer à l’enseignement de l’AÏKIDO et prend alors la direction technique du club de Pont Audemer, dans l’Eure.

Soucieux de pérenniser les formes techniques dont il a hérité de son Maître, André Nocquet et avec l’accord de ce dernier, il va jusqu’à créer sa propre école, l’Association Budo Arts Martiaux qu’il nomme AÏKI MAKOTO RYU et qu’il se plait à traduire par « l’école du geste juste ».

Expert d’Aïkido mais également de IAÏ-JUTSU, l’art de dégainer le sabre, il n’a de cesse de rechercher et d’enseigner de nouvelles techniques à ses élèves.

Ses compétences techniques reconnues par ses pairs et par Maître André Nocquet lui-même lui valent la nomination au poste de Responsable Technique National dès 1983, poste qu’il ne quittera plus jusqu’à ce que la maladie l’éloigne des tatamis.

Il compte d’ailleurs parmi les 4 experts hauts gradés du Groupe Historique AÏKIDO André Nocquet à qui le Maître confiera la direction technique du groupe avant de s’éteindre en 1999.

Pour conclure, je m’appuierai sur une phrase tirée d’un des livres de Maître André Nocquet :

Tout homme se rend compte qu’il se consume rapidement et c’est en vain qu’il multiplie ses efforts contre cette fatalité.

S’il ne fait que passer... Qu’il accepte de continuer en cette vie une œuvre qui ne passe pas.

Je ne veux pas voir s’éteindre en mes mains le flambeau, je veux le remettre à d’autres avant qu’il ne soit qu’une torche en cendres. Ce n’est que par mes élèves et par eux seuls que je peux espérer passer a flamme.

Le Maître n’est Maître que parce que, s’effaçant, il a transmis tout son savoir à ses élèves et, à travers eux, à tous ceux qui viendront plus tard. Le disciple n’est disciple que parce qu’il est tout don de soi à son Maître

Elève fidèle, autant que Maître reconnu, Claude, même s’il s’est éteint beaucoup trop tôt avec le regret d’avoir encore plein de choses à transmettre a merveilleusement bien relayé ce message.

Il a pris le flambeau qui lui était tendu et s’en est servi pour allumer une petite flamme en chacun des pratiquants qu’il a approchés.

Pendant plus de 50 ans, il a porté inlassablement le message hérité de son Maître non seulement en France mais également dans d’autres pays où il compte de nombreux amis, notamment en Angleterre, en Belgique, en Allemagne et en Autriche.

Au nom des membres du comité Directeur et du bureau exécutif,

Au nom du collège des Responsables Techniques Nationaux,

Au nom de tous les pratiquants du GHAAN,

Nous souhaitons un bon voyage à Claude et présentons nos sincères condoléances à son épouse, à ses enfants ses petits-enfants, ainsi qu’à sa famille et à ses proches.

Claude... Maître Claude.... Nous te remercions pour ce que tu nous as légué. Il nous incombe désormais à notre tour de transmettre le flambeau... Nous allons nous y employer le plus fidèlement possible.

- Thierry Geoffroy