André Nocquet (1914-1999) fut un des pionniers des arts martiaux français. Elève du professeur de judo Mikinosuke Kawaishi dès 1937 (celui-ci lui décerna la ceinture noire n°56), il a activement participé au développement de cette discipline dans le sud-ouest de la France après la guerre (à l'issue de laquelle il obtint la Croix du Combattant et la Médaille des Évadés).
Il entamera l'apprentissage de l'aïkido sous la direction de Minoru Mochizuki, puis de Tadashi Abe, au début des années 50. Celui-ci lui permit d'être invité à étudier au Japon, de mi-1955 à fin 1957, auprès du fondateur de la discipline Morihei Ueshiba, une rencontre qui le marquera à jamais. Il utilisera par ailleurs ses rares périodes de repos pour élargir sa connaissance des arts martiaux (auprès de Kenji Tomiki, Masutatsu Oyama), mais aussi remplir une mission d'étude des disciplines de santé japonaises (auprès de Tokujiro Namikoshi, Katsuzo Nishi).
Lors de son retour au Japon en 1960, Tadashi Abe nomme André Nocquet comme successeur, avant que M. Ueshiba ne le nomme comme son représentant pour la France en 1962.
Depuis lors, A. Nocquet n'a cessé d'oeuvrer à la promotion de l'aikido en France, mais aussi en Europe.
Jusqu'à la fin de sa vie, Maître Nocquet fut animé d'une volonté permanente d'avancer sur la voie de l'aïkido, afinant chaque jour un peu plus sa technique. Fidèle à l'enseignement de son Maître Morihei Ueshiba, il insistait régulièrement sur la pratique des "techniques de bois" (ikkyo, nikkyo...), dont l'étude répétée permet d'inculquer au corps les principes de l'aïkido et lui permet de "se dépouiller comme un peintre qui peint fort au début et qui dépouille ensuite peu à peu son art".
Profondément marqué par sa rencontre avec Morihei Ueshiba du point de vue martial, André Nocquet le fut aussi par la vision spirituelle de ce Maître. Il partageait sa conviction que la forme suprême de l'aïkido se traduisait par la possibilité de gagner sans combattre, une forme de victoire par la paix où il n'y a ni vainqueur ni vaincu. Sa certitude était que pour atteindre ce niveau au-delà de la technique, le pratiquant devait accepter l'autre plutôt qu'en avoir peur, dans une forme de compassion qu'il traduisait par cette phrase : "projeter le coeur plutôt que l'épée".
Il eut à coeur tout au long de sa vie de transmettre cette vision au travers de l'enseignement de l'aïkido sur le tatami selon la maxime "5% de philosophie, 95% de transpiration", mais aussi par la publication des ouvrages suivants :

N'ayons pas peur de ceux qui ne nous ressemblent pas et dont les propos ont des résonances inconnues à notre niveau d'entendement. C'est avec "EUX-MÊMES" que nous sommes appelés à nouer des relations nouvelles et fructueuses. Découvrir que les "AUTRES" sont nos "SEMBLABLES" en dépit de leurs "DIFFÉRENCES" voilà l'essentiel de la pensée profonde du Fondateur de l'Aïkido, O SENSEI Morihei UYESHIBA. Nous découvrirons alors : LA RICHESSE DE NOS DIFFÉRENCES.